Bon allez, pour faire plaisir à tite-miss qui a l'esprit très sadique (lol). Je vais vous raconter sa mort !
Attention préparez vos mouchoirs !
Alors tout d'abord il faut savoir que notre très cher Monsieur était quelque peu fâché envers son frère le Roi car ce dernier ne voulait pas donner de commandements au Duc de Chartres (le fils de Monsieur). Et le Roi osait reprocher à Monsieur que le duc de Chartre tombait dans la débauche et avait eut une fille illégitime quelques jours après sa 3e fille légitime. (à rappeler que le fils de Monsieur fut marié à Françoise-Marie, fille de Louis XIV et de Mme de Montespan).
Nous sommes au printemps 1701. Louis XIV a convoqué son frère pour lui reprocher "sa faiblesse envers ce trop bouillant jeune homme".
C'est alors que "pour la 1ère fois en 43 ans, depuis le jour où il avait lancé à la tête de son frère un poêlon de bouillie, Philippe se révolta." Ouééééééé (enfin c'est pas trop tôt !!)
A pleine voix il demanda au Roi ce qu'il prétendait faire d'un garçon de 27 ans qui s'ennuyait de "battre les galeries de Versailles et le pavé de la Cour, d'être marié comme il était et de demeurer tout nu vis-à-vis de ses beaux-frères comblés de charges, de gouvernements, d'établissements et de rangs, sans raison, sans politique et sans exemple".
Louis XIV resta abassourdi. Et pardonna à son frère ce ton, le mettant sur le compte de l'amour paternel. Sauf qu'il y avait toujours ce problème de commandement. Aucun des deux ne voulaient céder. La discussion dura longtemps, "Monsieur toujours sur le haut ton et le Roi toujours au rabais..."
Le duc d'Orléans alla à St- Cloud plus tôt que d'habitude et visita moins son frère...! Les fois où il se rendait à Versailles, le Roi lui prodigait les intentions et Monsieur y répondait par une froideur marquée. ah ba oui il était pas content et ya de quoi, non seulement Louis a pourri sa vie à lui, mais en + pourir la vie de son fils, c'était in supportable pour lui ! Il ne voulait pas que son fils subisse les mêmes traitements que lui. Monsieur veillait sur sa progéniture. Je trouve ça adorable et il a bien raison de se révolter contre frère !
Or, rien n'était aussi opposé à la nature du prince que la contrainte et la rancune :? Sa santé s'altéra davantage, d'autant qu'incapable de réfréner sa fringale, il continuait à manger sans mesure et dédaignait les exercices physiques grâce auxquels sa femme et son frère assuraient leur équilibre (et oui faire du sport c'est important). Il avalait donc à longueur de journée du chocolat, des fruits, des confitures, des pâtisseries dont les tables de ses cabinets et ses proches étaient toujours remplies, ce qui ne l'empêchait pas de dévorer aux repas. Il se congestionna tellement que chacun lui demanda de se faire saigner (comme c t courant à l'époque). Philippe reconnaissait qu'il en avait besoin, seulement, son premier chirurgien le saignait mal et il ne voulait pas être saigné par lui. Pour ne point lui faire de peine, il eut la bonté de ne pas vouloir être saigné par un autre...
Le séjour à Saint-Cloud fut donc assez triste. Surtout que Madame tomba malade d'une fièvre double tierce. Et le Roi qui d'habitude se précipitait pour le moindre mal, ne vint pas, malgrés la prière de Monsieur.
C'était donc beaucoup de chagrins, d'émotions et d'inquiétudes pour Philippe habitué au repos. Ce qui est remarquable c'est de voir que Philippe ait tenu ferme, n'ait pas cédé face à son frère malgrés ses gens qui lui conseillaient d'abdiquer. Au contraire il déployait en faveur de son fils une énergie qu'il n'avait jamais eue lorsqu'il s'était agi de ses propres intérêts. Le traitement injuste infligé à ce fils si digne d'affection avait ranimé tous les ressentiments qu'il tâchait d'oublier depuis sa jeunesse.
Ce fut un homme à bout de patience qui, le 8 juin 1701, vint dîner chez le Roi à Marly. Selon son habitude, Monsieur entra dans le cabinet de son frère dès que le conseil d'état en fut sorti. Presque aussitôt Louis se plaignit aigrement des offenses que le duc de Chartres prodiguait à sa femme.
"Les pères qui ont mené de certaines vies ont peu de grâce et d'autorité à reprendre leurs enfants", riposta Philippe.
La guerre hypocrite et feutrée que les deux frères s'étaient faite pendant leur existence entière aboutissait enfin à une bataille dont les éclats, traversant la simple portière du cabinet royal, terrifiaient les courtisans.
Ils s'affrontaient en furie. Louis éviqua la patience de sa fille, s'indigna qu'on mît l'adultère sous ses yeux. Avait-il donc oublié, demanda Philippe, comment il en usait avec la malheureuse Marie-Thérése forcée de subir La Vallière et la Montespan dans son carrosse même ? L'adultère lui paraissait fort naturel pendant ces voyages où les paysans se demandaient s'ils avaient vu les trois reines !
Le roi cessa de se contenir. L'huissier souleva la portière, prévint qu'on entendait la querelle jusqu'au bout de l'appartement. Cela ne fit baisser le ton qu'un instant. Monsieur, "hors de ses gonds", rappela les merveilles promises au duc de Chartres et restées à l'état de chimères. Il aurait été facile d'éloigner le jeune prince de ses amourettes en le laissant servir mais puisque le Roi ne le voulait point, ce n'était pas son père qui l'empêcherait de se consoler. Monsieur voyait torp bien à présent la vérité des prédictions auxquelles il avait refusé de croire. Chartres n'aurait que le déshonneur et la honte de son mariage sans en tirer jamais aucun profit !
" La guerre m'obligera bientôt à plusieurs retranchements, réplique Louis. Puisque vous vous montrez si peu complaisant à mes volontés, je commencerai par ceux de vos pensions avant de retrancher sur moi-même." (bouuuuh le méchant il veut diminuer la pension de Monsieur grrr)
Là-dessus le Roi fut averti que la viande était servie. Alors ils arrêtèrent le combat pour se mettre à table. Tout le monde remarqua les yeux étincelants du duc d'Orléans et son teint d'un rouge enflammé.
Le repas terminé, il rendit visite au Roi d'Angleterre à Saint-Germain, puis regagna Saint-Cloud. Le soir, une compagnie brillante se pressait à son souper. Le prince mangea de nouveau comme un ogre. Au dessert, tandis qu'il versait un vin de liqueur à la duchesse de Bouillon, il se mit à balbutier, esquissa un geste et s'écroula, frappé d'apoplexie, sur le duc de Chartres, son fils, placé à droite. "On l'emporta dans le fond de son appartement, on le secoua, on le promena, on le saigna beaucoup, on lui donné force émétique sans en tirer presque aucun signe de vie." Madame, encore malade, se leva, courut auprès de son mari qui la reconnut :
"Vous avec la fièvre, murmurra-t-il, allez-vous-en."
Comme il repoussait un médicament, on lui dit :
"Madame le veut"
Et il le prit. "Cela m'a fait voir sa confiance, écrivit plus tard la Palatine, car en somme je n'ai jamais haï l'excellent homme, mais l'ai aimé, quelque injuste qu'il se soit montré à mon égard."
A 23h30 du soir, un gentilhomme du duc de Chartres, avertit Sa Majesté. Partagé entre des sentimants contradictoires, le Roi fit éveiller Mme de Maintenon et se rendit chez elle. La "vieille fée", si peu amie de Philippe, le persuasa qu'il ne devait pas être la dupe d'une comédie. Le Roi ordonna qu'on le prévînt au cas où l'état de son frère empirerait et se coucha. Une heure et demi après, un second messager lui apportait les pires nouvelles. Cette fois Louis XIV partit.
"On peut juger quelle rumeur et quel désordre cette nuit à Marly, et quelle horreur à Saint-Cloud, ce palais de délices. Tout ce qui était à Marly courut comme il put à Saint- Cloud.
Le Roi arriva vers trois heures du matin. Monsieur était à l'agonie.
Le père du Trrévoux, ne parvenant pas à ranimer l'intelligence de son pénitant, lui criait :
"Monsieur, ne connaissez-vous pas votre confesseur ? Ne connaissez-vous pas le bon petit père du Trévoux qui vous parle ?"
Et tout le monde rigolaient. Ils se turent à l'entrée de Louis XIV qui pleurait. Ses larmes étaient, comme on sait, extraordinairement faciles. On ne peut donc leur attribuer sans hésitation le sens qu'on aimerait leur prêter.
Exprimaient-elles enfin un sentiment sincère, le regret d'avoir écrasé un innocent sous le poids du pouvoir absolu, le remords d'avoir aggravé cette politique inhumaine, mais peut être nécessaire, par tant de mauvaise foi, de vilenies et d'injustices ? Traduisaient-elles la banale émotion du vieil homme assistant au départ d'un cadet près duquel il avait passé sa vie ? Aidaient-elles simplement un admirable comédien à jouer son rôle du moment ?
Nul n'aurait osé se prononcer.
En son cabinet, Madame hurlait, terrifiée :" POint de couvent ! Qu'on ne me parle point de couvent !"
Le Roi demeurra jusqu'à 8h du matin. Quand il eut entendu la messe, Mme de Maintenon et la duchesse de Bourgogne le convainquirent de rentrer à Marly. Au moment de partir il voulut dire un mot d'amitié à son gendre.
" Ah ! Sire, s'écria le jeune homme en lui embrassant les cuisses, que deviendrais-je ? Je perds Monsieur et je sais que vous ne m'aimez pas !"
Louis, surpris et touché, répondit par des protestations de tendresse.
Dès qu'il eut quitté le château, la Cour se dispersa sans s'inquiéter davantage du mourant. Monsieur, placé sur sur son lit de repos dans un de ses cabinets, demeura seul avec les médecins, les bas officiers et les domestiques qui témoignaient d'un véritable chagrin. Que dire de ceux auxquels Philippe avait prodigué cadeaux et pensions ? L'air retentissait de leurs cris, mais ils songeaient uniquement à leur propre sort.
Le 9 juin 1701, à midi, Monsieur expira.
En bonne épouse Madmae fouilla les affaires de Monsieur à la recherche de lettres compromettantes écrites par les favoris. Elle ne les lut pas et les brûla.
Ce devoir accompli, elle gagna aussitôt Versailles en compagnie de son fils et de sa bru, laissant le corps de Philippe aux chirurgiens chargés de l'autopsier.
Cependant, à Marly, le Roi apprenant la nouvelle, pleura abondamment, mais "voulut dîner à l'ordinaire avec les dames... Les larmes lui coulèrent souvent pendant le repas qui fut court". Une parole humaine lui échappa : " Je ne saurais m'accoutumer à songer que je ne verrai plus mon frère."
C'était sans doute là, la mesure réelle de sa peine.